Canadian Journal of Rural Medicine

EDITORIAL/ÉDITORIAL
Year
: 2020  |  Volume : 25  |  Issue : 1  |  Page : 9--10

Message du Président. Les soins retardés sont des soins refusés


Margaret Tromp 
 Department of Family Medicine, Queen's University, Kingston, Canada

Correspondence Address:
MD Margaret Tromp
Department of Family Medicine, Queen's University, Kingston
Canada




How to cite this article:
Tromp M. Message du Président. Les soins retardés sont des soins refusés.Can J Rural Med 2020;25:9-10


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Tromp M. Message du Président. Les soins retardés sont des soins refusés. Can J Rural Med [serial online] 2020 [cited 2020 Feb 26 ];25:9-10
Available from: http://www.cjrm.ca/text.asp?2020/25/1/9/273543


Full Text



Les médecins de famille sont quotidiennement témoins des disparités en matière de déterminants sociaux de la santé chez leurs patients et dans les communautés rurales autochtones.

Le 6 septembre 2019, le Tribunal canadien des droits de la personne (TCDP) a ordonné au gouvernement fédéral d'indemniser des milliers d'enfants autochtones ayant été retirés de leur foyer sans raison. Le TCDP a évoqué la discrimination délibérée et téméraire du gouvernement canadien envers les enfants autochtones vivant dans les réserves. Un mois plus tard, le gouvernement fédéral annonçait qu'il porterait la décision en appel.

Cindy Blackstock, une conférencière plénière à la conférence 2015 en région rurale et éloignée de la SRMC a présenté le récit émouvant du différend entre les bailleurs de fonds fédéral et provinciaux qui a empêché à Jordan Anderson, un enfant atteint d'une maladie chronique en phase terminale, de retourner chez lui dans sa réserve du Manitoba. Elle a insisté sur les disparités qui existent toujours, documentées depuis près de 20 ans, en matière de financement des enfants autochtones vivant dans les réserves par rapport aux autres enfants. En 2000, une revue nationale a conclu que les agences des Services à l'enfance et à la famille des Premières Nations avaient reçu 22% moins de financement par enfant que la moyenne provinciale. L'inadéquation du financement affecte particulièrement l'application des “ mesures les moins perturbatrices”, ces mesures mêmes qui sont offertes aux enfants à risque significatif de maltraitance pour qu'ils puissent demeurer à la maison en toute sécurité. Pour l'heure au Canada, trois fois plus d'enfants des Premières Nations sont séparés de leur famille comme c'était le cas à l'ère des écoles résidentielles.

En 2006, l'Assemblée des Premières Nations et la Société de soutien à l'enfance et à la famille des Premières Nations du Canada ont déposé une plainte formelle en matière de droits de la personne. En janvier 2016, le TCDP a statué que le gouvernement fédéral avait sciemment sous-financé les services médicaux et de protection de l'enfance offerts à 165 000 enfants des Premières Nations vivant dans les réserves. Le Tribunal a subséquemment rendu huit ordonnances de non-conformité parce que le gouvernement fédéral n'avait presque rien fait pour rectifier la situation.

La récente décision du Tribunal suivait la décision originale et précisait l'indemnité monétaire que les enfants et les familles autochtones ayant été séparés pour cause de sous-financement des services sociaux devaient recevoir.

Le 6 octobre, le gouvernement fédéral en a appelé de la décision du TCDP, en invoquant que “ le préjudice irréparable causé au Canada et à l'intérêt public si l'ajournement n'est pas accordé excède le préjudice causé aux répondants si l'ajournement est accordé”. Malheureusement, cela signifie que ces disparités, de même que les effets négatifs sur la santé, se perpétueront dans un avenir proche. Le Canada ne peut-il pas faire mieux?

Pour plus d'informations, visitez: see https://fncaringsociety.com/i-am-witness-tribunal-timeline-and-documents.