Canadian Journal of Rural Medicine

EDITORIAL/ÉDITORIAL
Year
: 2020  |  Volume : 25  |  Issue : 4  |  Page : 136-

Réflections sur l'été 2020


Peter Hutten-Czapski 
 Rédacteur Scientifique, JCMR, Haileybury (Ont.), Canada

Correspondence Address:
MD Peter Hutten-Czapski
Rédacteur Scientifique, JCMR, Haileybury (Ont.)
Canada




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Hutten-Czapski P. Réflections sur l'été 2020.Can J Rural Med 2020;25:136-136


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Hutten-Czapski P. Réflections sur l'été 2020. Can J Rural Med [serial online] 2020 [cited 2020 Nov 30 ];25:136-136
Available from: https://www.cjrm.ca/text.asp?2020/25/4/136/296488


Full Text



L'été qui a été et qui n'a pas été.

Qui n'a pas été, puisque le monde a changé en 2020 et que tout a basculé. On ne sait même pas si on retournera éventuellement à la normale.

Qui a été, puisque nous avons certainement eu un été dans les régions rurales du Canada. Pratiquement pas de cas de COVID-19 qui vaille la peine de mentionner dans les régions rurales, donc un été presque normal, mais avec des masques. Je reconnais qu'il y a beaucoup moins d'Américains que d'habitude (et les quelques plaques d'immatriculation repérées sont vues d'un mauvais œil quant à leur raison légitime de se trouver ici, cela semble difficile à imaginer il y a à peine quelques mois), mais les vidiots canadiens semblent compenser par leur nombre et leurs blessures habituels. À des fins de rectitude politique, je m'empresse d'ajouter que le terme vidiot désigne le sous-groupe de personnes dont le comportement fait rouler les yeux aux résidants des régions rurales.

Pour les locaux, le camp/la cabine/le chalet/le bungalow (selon sa région rurale du Canada) continue d'offrir l'occasion de prendre des vacances. Certains ont aussi semblé développer une éruption de mauvais jugement et de blessures accompagnant les rénovations opportunistes réalisées entre les nouveaux intérêts et les loisirs beaucoup plus sécuritaires comme le jardinage et faire du pain.

Les médecins suppléants étaient beaucoup plus faciles à trouver. Personne ne sait vraiment pourquoi. Certains affirment que beaucoup de pratiques urbaines ont fermé durant la crise et n'ont pas eu besoin de suppléants. D'autres avancent que c'est l'incertitude tenace, y compris d'une deuxième vague, qui a immobilisé les titulaires de postes. Les femmes en congé de maternité ont découvert que le télétravail virtuel leur convenait bien. D'autres encore ont déclaré que leur hésitation à lancer une nouvelle pratique a été influencée par le fait que l'examen du CMFC a été repoussé.

Je suis par contre d'avis qu'il se pourrait que la fermeture générale des cliniques sans rendez-vous soit ce qui a encouragé le plus les nouveaux diplômés à tenter la suppléance rurale. Je me fous si c'est vrai, ou s'il s'agit simplement de la chance, et je me réjouis d'avoir pris plus de semaines de vacances cet été que jamais dans mon histoire. Ce n'est pas que je n'aime pas travailler. La nouvelle norme est difficile pour les gens comme moi, qui trouvent signification et profondeur dans le face-à-face. Au moins un peu de “cette” médecine est de retour cet été et le soulagement est immense, même si c'est les yeux dans les yeux, au-dessus du masque.

Qu'est-ce que l'automne nous réserve? Les écoles, je pense; on verra bien comment ça se passera. Je soupçonne que tout ira bien si on le fait en gardant l'œil sur le taux d'écouvillonnages positifs et en réagissant en conséquence. Qu'on le veuille ou non, la vie suit son cours et nous allons continuer de nous adapter, un jour à la fois.